Orfeo ed Euridice

CHRISTOPH WILLIBALD GLUCK

Salzburg, Bremen, Grenoble, Nancy, Massy

La jeune fille
Va-t'en ! Ah ! va-t'en !
Disparais, ossement de l’enfer !
Je suis jeune encore, va-t’en !
Et n’approche pas de ma chair.

La Mort
Donne-moi la main, ma belle et tendre sœur !
Je suis ton amie, tu ne me crains pas.
Laisse-moi faire et n'aie pas peur,
Endors-toi doucement, dans mes bras !

(Matthias Claudius, La jeune fille et la Mort)

Premier opéra « réformé » de Gluck – dont nous avons retenu la version originelle en italien donnée à Vienne en 1762 –, Orfeo ed Euridice dit non ! Non au drame familial dans le goût de Métastase alors omnipotent, non aux intrigues parallèles, non aux arias da capo, à l’anecdote, à l’ornement, à la virtuosité, non à l’opéra ! 

Notre spectacle, d’abord monté à Salzbourg pour le tricentenaire du chevalier Gluck en 2014, joue ce non. Aucun lieu, aucun temps, aucun événement précis. L’action nue dans un espace universel. Suivant le chemin d’Orphée, le premier chanteur, pas à pas selon un système de « rideaux » levés un à un comme on ouvre des portes. Pas même un ballet qui nous semblait décoration. A sa place, un quatrième personnage, la Mort, force complémentaire de l’Amour, guide d’Eurydice aux Enfers.

Ce qui nous permet de suivre la route intérieure d’Orphée ET Eurydice, l’épouse ne surgissant plus au dernier acte pour faire sa « scène » mais accomplissant sa propre destinée jusqu’aux fatales retrouvailles. 

Pas d’entracte non plus. Une route, un souffle, un mouvement. 


The Maiden:
Pass me by! Oh, pass me by!
Go, fierce man of bones!
I am still young! Go, monster,
And do not touch me.

Death:
Give me your hand, you dear beautiful and tender form!
I am your friend, and come not to punish.
Be of good cheer! I am not fierce,
Softly shall you sleep in my arms! 

 (Mathias Claudius, Der Tod und das Mädchen

Gluck's first “reformed” opera - of which we have retained the original Italian version performed in Vienna in 1762 -, Orfeo ed Euridice says no! No to family drama in the then omnipotent style of Metastasio, no to parallel intrigues, no to arias da capo, to anecdote, to ornament, to virtuosity, no to opera! 

Our show, first staged in Salzburg for Gluck's tercentenary in 2014, plays this no. No place, no time, no specific event. Naked action in a universal space. Following the path of Orpheus, the first singer on Earth, step by step according to a system of "curtains" raised one by one as one opens doors. 

Not even a ballet that seemed like decoration to us. In its place, a fourth character, Death, complementary force of Love, guide of Eurydice to the Underworld. This allows us to follow the inner road of Orpheus AND Eurydice, the wife no longer appearing in the last act to make her "scene", but fulfilling her own destiny until the fatal reunion. 

No intermission either. One road, one breath, one movement. 

Designs and costumes – Pierre-André Weitz

Lighting – Bertrand Killy

Avec Bejun Mehta, Camilla Tilling, Ana Quintans, Uli Kirsch (puis Christopher Ainslie, Wiebke Lehmkuhl, Chiara Skerath, Lenka Máčiková, Marie-Adeline Henry, Norma Nahoun).