Le Cid

CORNEILLE

Teatr Polski (Varsovia)

Le Cid

Pierre Corneille, traduction Jan Andrzej Morsztyn

Spectacle léger dans un décor unique. Une boîte où nos héros se laissent enfermer à chaque scène, et dont les mots seuls poussent les parois. 

En ce temps-là… le théâtre n’était pas réaliste, le jeu n’était pas psychologique, la déclamation n’était pas naturelle. Et malgré ces obstacles c’est bien de réel, de psychologie, de nature humaine que Corneille nous abreuve. La distance que nous jouons, que nous exaltons même, n’est pas une absence. Au contraire. Elle est pour nous la preuve que Le Cid est aussi vivant que Pulvérisés ou Game of Thrones. Son cœur lointain palpite en nous. 

Pour les enfants sacrifiés Rodrigue et Chimène, héros malgré eux, nous avons choisi deux très jeunes acteurs tout juste diplômés de l’Académie de Varsovie, deux fauves déjà bien armés pour des protagonistes au souffle infini, mais sans habitude, presque sans défense. Les autres personnages ont été attribués aux membres chevronnés de la troupe du Théâtre Polski.

Le héros de la pièce, disait Gérard Desarthe, c’est l’épée. On peut évidemment mettre en scène Le Cid sans aucune épée. Choix d’autant plus séduisant qu’il n’y a presque rien au théâtre de plus grotesque et de plus désuet qu’un faux combat à l’arme blanche. Nous avons fait le choix inverse. La guerre, la loi martiale, la rigueur, l’armure, l’épée partout. Objet rituel manié comme un calice ou une croix. Nous avons taillé notre Cid dans le fer. 

Ou plutôt notre Cyd puisque nous jouons la traduction « historique » du poète Jan Andrzej Morsztyn, chef du « parti français » en Pologne qui connut Corneille à Paris où il mourut en 1693.

Le Cid


Light show in a unique setting. A box where our heroes let themselves be locked up at each scene, and whose only words push the walls. 


Back then ... the theater wasn't realistic, the acting wasn't psychological, the declamation wasn't natural. And despite these obstacles it is real, psychology, human nature that Corneille gives us. The distance that we play, that we even exalt, is no absence. On the contrary. It is for us the proof that Le Cid remains as alive as Pulverized or Game of Thrones. His distant heart beats in us. 


For the sacrificed children Rodrigue and Chimène, heroes in spite of themselves, we have chosen two very young actors who have just graduated from the Warsaw Academy, two beasts already well armed for protagonists with infinite breath, but without habit, almost defenseless. The remaining characters were attributed to glorious members of the Polski Theater troupe. 


The hero of the play, said Gérard Desarthe, is the sword. We could obviously have staged Le Cid without any sword. A choice all the more appealing in that there is hardly anything in the theater more grotesque and more antiquated than a bladed combat. But we made the opposite choice. War, martial law, harshness, armor, sword everywhere. Ritual object handled like a chalice or a cross. We cut our Cid in the iron. 


Or rather our Cyd since we are playing the “historical” translation of the poet Jan Andrzej Morsztyn, leader of the “French party” in Poland who knew Corneille in Paris where he died in 1693. 


Designs : Antoine Fontaine 

Costumes : Dorota Kołodyńska 

Avec : Paweł Krucz, Marta Kurzak, Anna Dereszowska, Olgierd Łukaszewicz, Marcin Jędrzejewski, Wojciech Czerwiński, Ewa Makomaska, Antoni Ostrouch, Martyna Kowalik, Grażyna Barszczewska.